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Bilan de voyage : 2 ans au bout du monde

 

Samedi dernier, nous fêtions avec Maxime, nos deux ans de voyage. Le 13 avril 2017, notre avion s’envolait vers l’Australie. Ce jour-là, nous avons quitté famille, amis, travail, étude, pour vivre 6 mois à l’autre bout du monde. Nous voulions recommencer notre vie ailleurs et vivre de nouvelles expériences dans un pays étranger. C’est là que notre aventure a commencée. La magie du voyage fait que les choses ne se sont pas vraiment passées comme prévues. Deux ans après, on voyage toujours !

Je vous dresse ici, le bilan de ces deux années d’expatriation 😀 J’espère qu’il en inspirera plus d’un.

 

Un an de PVT en Australie

La barrière de la langue

Nos deux objectifs étaient d’apprendre l’anglais et de découvrir le pays avec un camion aménagé. Autant vous dire que j’avais un niveau tellement nul en anglais, que je n’ai pas parlé pendant deux mois. Entre honte et timidité, j’étais dans l’incapacité de prononcer quoi que ce soit dans cette langue. Max prenait les devants et moi je m’écrasais encore plus. J’ai mis du temps à décoincer, d’autant plus qu’on rencontrait des français tout le temps. Parfois, j’oubliais qu’on était à l’autre bout du monde.

Mais comment trouver du travail en Australie, lorsque l’on ne parle pas anglais ? Je ne vais pas vous le cacher, ce fut un challenge très compliqué. Les CVs imprimés, il fallait démarcher les bars et restaurants. J’avais préparé mon discours et travaillé mon accent pour mettre toutes les chances de mon côté. L’idée était bonne, cependant je ne comprenais pas leurs questions ! Je perdais mes moyens ; le jeu était perdu. Il faut dire que l’accent australien est difficile à comprendre.

Il fallait donc établir une autre stratégie pour trouver du travail. Assise à un café, j’ai cherché quels domaines je maîtrisais pour me permettre de trouver du travail avec un niveau d’anglais médiocre. J’ai fini par trouver : garder des enfants. J’ai posté des annonces sur tous les groupes facebook, réseaux sociaux de mamans… et ça a marché ! Au départ, je ne gagnais pas assez pour avoir un revenu décent mais j’avais de quoi payer le loyer pour nous deux.

C’est de cette façon que j’ai commencé à parler anglais. Avec les enfants, il n’y avait plus de barrière. Ils apprenaient aussi la langue, alors j’ai lu des livres avec eux, joué à des jeux et appris du vocabulaire grâce à eux. Bref, comme une vraie enfant, j’ai repris les bases, j’ai chanté beaucoup, lus un tas de livres de jeunesse et regardé un nombre incalculable de dessins animés. Je n’ai jamais cessé de progresser depuis !

 

A la découverte des différents métiers

On ne s’attendait pas à tester autant de métiers. La difficulté de trouver un temps plein à Brisbane, nous a contraints de cumuler des petits jobs toute l’année. Une journée, un travail : c’était un peu notre façon de vivre.

De cette manière, nous avons été : jardiniers, paysagistes, serveurs, babysitter, professeure de français, community manager, vendeurs de crêpes et de pâtisseries française, aide cuisine et chef dans un fastfood/café/restaurant étoilé, web designer… Autant de métiers qui nous ont amené à découvrir un tas de choses et d’orienter mon projet professionnel par la suite !

 

Voyage Voyage

Première Etape : La côte EST – Le centre et le nord

Nous avions scindé notre voyage en deux parties. La première était en hiver (juillet-août) pour découvrir la côte EST et le centre de l’Australie jusqu’à Darwin. Les parents, ainsi que le frère de Max, nous avaient accompagné lors de cette étape. C’était l’occasion de voir ensemble des paysages incroyables : le désert de sable rouge d’Uluru, les crocodiles de Kakadu, la forêt primaire de cape tribulation, les plages de rêves de Noosa et Port Douglas… Nous avons fait une croisière aux Whitsundays, aperçu des baleines, nagé au-dessus de la barrière de corail…

C’est à ce moment précis que je suis tombée amoureuse de la nature sauvage. Nous avions vu beaucoup d’animaux vivre dans leur milieu naturel : dauphins, phoques, dingos, kangourous, wallabies, wombats, échidnés, koalas, crocodiles… Ça peut paraître idiot, mais comme nous avons éliminé à peu près toutes les espèces qui vivaient en France, ça devient presque incroyable de voir autant d’animaux sauvages dans un pays comme l’Australie.

 

 

Deuxième étape : La côte EST – La Tasmanie

Nous avions commencé notre second voyage de février jusqu’à mars. Au départ de Brisbane et à destination de Melbourne, nous avions pris le temps de séjourner deux semaines en Tasmanie.

Cette partie était beaucoup moins attrayante, surtout entre Sydney et Melbourne. C’était un voyage très long pour moi. On roulait tellement que les points de vues pour lequel nous venions de rouler 3 heures, me laissait un goût amer. « Tant d’heures de route pour voir… ça ? Un promontoire remplis de chinois qui se bousculent ? Elle est à combien de temps la prochaine étape ? 3 HEURES ???? ».

La Tasmanie à su me rebooster à bloc ! Nous avions retrouvé la nature, de beaux paysages mais aussi des chemins de randonnée. Il ne fallait pas grand choses pour nous rendre heureux. La Tasmanie est une île aux ressources incroyables. Si vous êtes en Australie, ne faites pas l’impasse sur cette île !

 

La perte de notre camion aménagé Garie

Lorsqu’on voyage dans un camion pendant des mois, il devient notre maison, une partie de nous. Comment vous dire dans quel état nous étions, lorsque sur la voie d’accélération d’une voie express, Garie a décidé de s’arrêter. Sans raison. On allait justement à Melbourne ce jour-là, montrer Garie à un acheteur suédois près à l’acquérir. Il nous restait 20 jours sur le territoire Australien.

Après avoir passé une bonne heure sur le bord de la route à attendre le garagiste, et une seconde sur un banc du centre commercial collé au garage. Le constat était sans appel : le moteur est cassé, il faut le changer.

C’était un vendredi soir, week-end de 4 jours. Le prix du changement de moteur était égal à 2 tiers du prix du camion aménagé. Il fallait 3 autres jours pour chercher ce moteur à Sydney à 730 kilomètres de là où on se trouvait… Un vrai coup dur qui nous a forcé à vendre Garie pour 200$ au garagiste.

Heureusement, nous avions trouvé une famille formidable qui nous accueillait en HelpX à ce moment-là. Grâce à eux, nous avions un toit où dormir, une maison où vivre et de quoi manger sans dépenser un centime. Bien entendu, nous les aidions à entretenir leur jardin en échange.

C’était une des expériences les plus difficiles de notre voyage mais qui nous a permis d’être plus forts pour la suite !

 

 

A la découverte du Népal

A la fin de notre PVT en Australie, il était inenvisageable de rentrer en France. Nous avons donc cherché une destination par cher au départ de Melbourne. Le Népal est alors apparu comme une évidence !

Le 25 avril, nous arrivions dans un autre monde. Nous avons commencé par visiter Katmandou, cette ville polluée et apocalyptique qui ne laisse personne indifférent. Entre des routes poussiéreuses, des câbles électriques qui pendent de tous les côtés, des singes qui s’amusent à faire les funambules avec… Nous étions complètement déboussolés et très curieux de visiter ce pays. Je découvrais pour la  première fois l’Asie. Après quelques jours à s’acclimater au pays, nous partions à Pokhara, vivre la randonnée la plus intense de notre vie.

 

La randonnée du sanctuaire des Annapurnas

Nous avons toujours aimé la randonnée, mais nous n’avions jamais fait d’itinéraire de plusieurs jours. Du coup, on s’est dit que c’était l’occasion de s’initier. Nous n’avons pas fait les choses à moitié étant donné que nous étions partis pour 10 jours de randonnée, sans trop savoir ce qui nous attendait.

Nous avons marché de villages en villages aux pieds des montagnes. Au bout du septième jour, nous sommes arrivés à notre objectif : 4130 mètres d’altitude ! Des larmes de joie ont coulées ce jour-là. Porter 10 kilos sur le dos et marcher 6 heures par jours pendant une semaine permet de faire un réel travail sur soi. Je suis passée par toutes les étapes émotionnelles pendant ces dix jours. Une expérience intense qui à permis de mieux me connaitre mais aussi de comprendre jusqu’où mon corps pouvait me suivre.

Si vous avez l’occasion de faire cette randonnée un jour, faites-le. C’est une immersion dans la nature qui permet de découvrir des paysages divers. Nous avons sillonné des forêts où vivaient des singes et des biches, traversé des plaines, marché sur de la neige…La randonnée du sanctuaire des Annapurnas restera définitivement une des expériences les plus belles de ma vie.

 

Voyager en Asie

Sensibilisation à la pollution

Aller en Asie, c’est se confronter aux enjeux de la pollution, notamment du plastique. Il y en a ville, en montagne, dans les champs… vraiment partout ! Les habitants brûlent leurs déchets devant leur maison, laissant une odeur de plastique brûlé répugnante se propager. On y voit des déchets dans les rivières sacrées, des animaux se baigner dedans. Des humains aussi, qui se « purifient » dans cette rivière d’eaux usées. Une réalité du monde difficile à supporter parfois. A ce moment-là, j’ai compris qu’il fallait vraiment faire quelque chose, mais aussi que j’étais impuissante face à tout ce qui se passe au Népal.

L’Indonésie n’est pas un pays épargné. Lorsque vous apprenez que le seul centre de tri d’Indonésie se trouve sur l’île de Java, vous comprenez rapidement pourquoi les déchets colonisent peu à peu les plages et les rivières. Labuan bajo, une ville située dans un cadre de rêve et qui détient les plus beaux spots au monde de plongée sous-marine, ressemble à ça.

 

 

Là-bas, j’y ai vu un père montrer à son fils comment jeter sa bouteille plastique le plus loin possible… Dans la mer. Incroyable non ?

Le voyage m’a appris à avoir une vraie conscience écologique, qui m’amène aujourd’hui à changer mes habitudes de vie et ma manière de consommer.

 

Une admiration pour les animaux sauvages

Plus je voyage et plus je suis admirative de la nature et des animaux qui essayent tant bien que mal de cohabiter avec nous. J’ai eu l’occasion en Indonésie de nager avec des raies mantas. Ces géants des mers pouvant atteindre 7 mètres de diamètre, m’a fait me sentir toute petite au milieu de l’océan Indien.

Au Népal, j’ai pu voir un ours brun, des singes ou encore des rhinocéros dans leur habitat naturel. Quelle joie de pouvoir admirer ce spectacle. C’est un moment où on se sent tout petit, respectueux et rempli d’amour. Un amour qui donne envie de protéger cette faune que nous détruisons à très grande vitesse. Maintenant, il me paraît inconcevable d’aller au zoo par exemple. C’est selon moi, une façon d’enfermer les animaux, pour pouvoir jouir d’un plaisir du dimanche après-midi en famille.

Cette façon de penser, qui risque de choquer certains d’entre vous,  je l’ai mûrit durant deux années de voyage et je pense que c’est vraiment important de vivre cette expérience au moins une fois dans sa vie. De cette manière, on comprend qu’il est important de laisser les animaux là où ils sont. Et d’aller les voir là où ils se trouvent. Plutôt que l’inverse.

 

Un retour en terre natale pour mieux repartir

Au bout d’un an et demi, nous sommes rentrés en France afin de retrouver nos proches et ainsi faire un premier bilan ce nos différents voyages. Pendant un mois, nous avons pu reprendre la vie qu’on avait laissée pendant une année. Un choc qui nous a permis de voir à quel point nous avions changé. Ce décalage m’a fait perdre des gens, retrouver d’autres. Ainsi va la vie, le voyage nous fait tellement évoluer. J’ai l’impression d’avoir vécu plusieurs vies durant ce périple. Pour faire un pvt à l’étranger il est nécessaire de trouver du travail, des amis, un toit, une voiture, en sachant qu’on à 365 jours de visa pour profiter et revendre nos biens, pas un de plus ! On construit une vie et on l’a quitte du jour au lendemain.

De par ce retour aux sources, je me suis découverte plus affirmée, droite dans mes idées et prête à vivre une nouvelle expérience. Nous sommes alors repartis à l’autre bout du monde. Mais cette fois, en Nouvelle-Zélande.

 

Un départ en Nouvelle Zélande

Le PVT de la deuxième chance

En Australie, nous avions testé des façons de voyager, de travailler, de vivre, de rencontrer des personnes… Et de grandes frustrations en pensant que nous nous étions pas assez donnés durant ce premier PVT. Nous voulions faire encore mieux.

L’anglais ne nous faisait plus peur ! Nous nous faisions comprendre et nous comprenions. Une joie qui laisse à penser que nous sommes désormais en possession d’un pouvoir surhumain.

A peine arrivés en Nouvelle Zélande, nous avions mis à profit tout nos apprentissages acquis en Australie. La semaine suivante, nous détenions tous les deux un job, un logement et des amis dans une ville qui nous correspondait. Nous étions les plus heureux du monde, prêts à affronter le froid et le vent pendant plusieurs mois.

 

 

 

Partir à l’aventure avec des amis

5 mois plus tard, l’été avait pointé le bout de son nez : il était temps de visiter le pays. Mais pas tout seuls cette fois ! A force de voyage, la solitude se faisait ressentir, nous avions besoin de retrouver un cercle d’amis et de voyager avec eux à travers la Nouvelle-Zélande. C’est ce qu’on a fait et c’était vraiment trop cool. On s’est ainsi rendu compte que chaque voyage est unique. Que vivre des expériences avec d’autres personnes, rendaient les moments plus précieux. Nous avions commencé le voyage à 6, puis 4, puis 3. Et nous nous sommes retrouvés à deux pour visiter l’île du sud !

 

Remise en question générale

Après deux ans de voyage et de petits boulots, il était temps pour moi d’imaginer une autre façon de financer mes prochains voyages. J’ai ainsi décidé de devenir rédactrice web. Un enjeu de taille, qui m’a permis de devenir une entrepreneuse indépendante. Je ne sais pas où ce projet va me mener. Peut-être aurais-je l’opportunité de réaliser de grandes choses, peut-être pas. Mais désormais, je n’ai plus peur de me lancer dans des projets instables car il n’y a rien à perdre. On ne peut que s’enrichir d’apprentissages et d’expériences.

J’ai également des dizaines de projets en tête qui ont grandit au fil de ces deux années de voyage.

 

Ressortir de cette expérience complètement vivante

Je suis partie de France complètement perdue. Ne sachant pas où ce projet de voyage allait me mener. Parfois, j’ai regretté mon choix. Mais ça n’a pas duré très longtemps. En deux ans, j’ai appris une nouvelle langue, découvert différentes cultures. J’ai aussi fait la rencontre de personnes exceptionnelles, qui ont choisi de vivre de leurs passions, et qui désormais m’inspire chaque jour. Je suis convaincue que je ne suis pas faite pour me conformer au moule de la société.

Je fais partie des personnes qui ont besoin de se réaliser en prenant leur propre chemin. Des routes bancales remplie d’imprévues et d’opportunités. Je travaille beaucoup pour avoir la vie que j’aime et j’y ajoute énormément de persévérance. Toutes ces qualités, je les ai apprises durant mon voyage. Je me sens plus débrouillarde, motivée et curieuse. Je sais que ces toutes ses embûches et galères ont fait de moi celle que je suis maintenant.

J’ai aussi acquis des connaissances en géographie ! Je deviens peu à peu une incollable de la carte du monde. Alors qu’il y a trois ans, j’évoquais le désert de l’Amazonie (c’est pour dire à quel point je partais de loin !).

 

Alors je peux conclure un bilan positif de ces deux années de voyage à travers le monde et j’espère pouvoir vivre encore beaucoup expériences comme celles-ci.

J’ai écrit cet article pour faire un bilan de mes expériences personnelles. Une sorte de confession exposée sur le web qui j’espère, permettra d’inspirer beaucoup de personnes. Et pourquoi pas, vous donner envie de vivre vos propres rêves !

Je vous dis à très vite!

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